Nourrir son corps plutôt que l’obsession


COLLABORATION SPÉCIALE
ÉCRIT PAR JEM – BLOGUEUSE INVITÉE

kine-tca-obsessionAvec comme seul bagage pédagogique ma propre expérience et celle de centaines d’hommes et de femmes avec qui j’ai pu échanger au cours des 15 dernières années, des centaines d’heures en thérapies spécialisées, des milliers de pages de lectures de livres, de recherches scientifiques, de blogues, je me permets de vous transmettre le plus simplement possible, dans mon style et avec ma propre capacité à la vulgarisation, ce que j’ai appris au fil des ans dans ce merveilleux domaine qu’est le monde de l’alimentation, de la santé et du bien-être.

Loin de moi l’idée de m’autoproclamer « spécialiste » ou « professionnelle » en nutrition, naturopathie, psychologie, santé mentale ou tout autres domaines connexe, ce que vous lirez ici n’est que le fruit d’une passion qui s’est équilibrée avec le temps, pour passer de focus maladif à réalité avec laquelle moi comme vous tous devez composer quotidiennement : Le contenu de notre assiette.

Car si dans les thérapies spécialisées en alcoolisme, toxicomanie, jeux ou toutes autres dépendances suggèrent l’abstinence totale des déclencheurs menant à la compulsion ou aux comportements malsains ou déséquilibrés (comprenez : sans équilibre) lorsqu’on parle de nourriture, l’abstinence totale n’a qu’une seule issue : La mort.

Or, pour vivre, il faut manger. Pour vivre, il faut manger sainement, dans l’équilibre. Et lorsque se nourrir pour vivre se transforme en obsession, quelle qu’elle soit, lorsque manger, ou lorsque la privation de nourriture prend une signification d’obsession, de compulsion ou de mort plutôt que de vie, on parle alors de troubles alimentaires.

On a tous une idée de ce qu’est l’anorexie. L’anorexie mentale, ou nerveuse se caractérise par une peur intense d’être ou de devenir gros(se), et donc une forte volonté de perdre du poids, une restriction alimentaire excessive (allant jusqu’à un refus de s’alimenter), et une déformation de l’image corporelle.

La notion de CONTRÔLE est très présente dans la dynamique de l’anorexique : puisque je n’ai pas de contrôle sur les évènements de ma vie, je vais contrôler ce qui entre dans mon corps via le contenu de mon assiette.

La boulimie quant à elle constitue l’absorption excessive d’une grande quantité d’aliments dans un court laps de temps suivi des différentes formes d’élimination telles que les restrictions alimentaires, les vomissements, l’exercice excessif, l’utilisation de laxatifs ou de diurétiques.

La notion de PERTE DE CONTRÔLE est très présente dans la dynamique de la personne boulimique : puisque j’ai perdu le contrôle de ce qui est entré dans mon corps, je vais prendre le contrôle de son élimination.

Ces deux troubles du comportement alimentaires comme les autres d’ailleurs, peuvent mettre la vie en péril.

Mais sans en faire la liste complète, car les TCA ou troubles du comportement alimentaires sont nombreux et complexes et ont beaucoup de variantes, j’aimerais en souligner deux qui sont particulièrement d’actualité.

Pourquoi? Parce que depuis quelques années, l’alimentation a pris beaucoup de place dans nos vies, probablement dans le courant de la recherche de la fontaine de Jouvence, de la jeunesse éternelle qui passent inévitablement par nos assiettes.

Toutefois, c’est lorsque cet intérêt tourne à l’obsession que les problèmes surgissent.

L’orthorexie :

C’est un ensemble de pratiques alimentaires caractérisé par l’ingestion d’une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains.

Il est possible de faire un parallèle entre l’anorexie et l’orthorexie. Dans l’anorexie, on parle de contrôle obsessif sur la quantité d’aliments ingérés. L’orthorexie est plutôt un contrôle obsessif sur la qualité des aliments.

L’orthorexique est obnubilé par la qualité. Pour lui, manger, c’est se soigner, et tout aliment est un alicament. Le goût, le plaisir apparaissent secondaires. Sa recherche de sain l’a conduit à écarter bon nombre d’aliments qu’autrefois il considérait comme savoureux, mais qu’il conçoit désormais comme des poisons. La personne orthorexique suit des règles alimentaires qui progressent en devenant de plus en plus contraignantes et qui éventuellement peuvent conduire à un isolement social et par l’incapacité d’effectuer une activité d’alimentation dans un cadre non contrôlé selon SES règles. La tolérance zéro du point de vue alimentaire peut, dans les cas extrêmes, affecter chacun des actes et susciter une perte de l’appétit de vivre. Tout est tellement CONTRÔLÉ qu’il n’y a plus de joie de vivre/manger.

La compulsion alimentaire :

Les compulsions alimentaires consistent à grignoter tout au long de la journée ou à manger toujours un peu au-delà du seuil de satiété ou pour des raisons autres que la faim physiologique. Certains parlent de « manger leurs émotions ».

Manger devient une source de réconfort, de détente, de plaisir ou servir à contrer un sentiment d’ennui ou de solitude. Certaines personnes mangent pour « remplir » leur vide intérieur alors que d’autres mangent pour se couper de leurs souffrances émotionnelles qu’elles ressentent lorsqu’elles sont « vides ».

Il faut savoir que la compulsion alimentaire n’est pas une faiblesse de caractère ou un manque de volonté. Il s’agit bel et bien d’une maladie.

La notion d’aliment déclencheur est très importante dans la compréhension de la compulsion alimentaire. Lorsque le ou les aliments déclencheurs sont identifiés, s’ils restent absents de l’alimentation, il y a de fortes chances que la compulsion se calme. Toutefois, si la personne entre en contact avec ces aliments, la « perte de CONTRÔLE » est habituellement inévitable et c’est le glissage vers les comportements destructeurs.

Ces personnes sont habituellement en surplus de poids (bien que pas toutes) et vivent avec la honte de leur masse corporelle. La quête de la minceur est associée, entre autres, à la recherche du bonheur. Mais c’est une recherche stérile puisque la minceur sans la résolution de la cause de la souffrance de base ramènera à la case départ ou alors sera la source du déclenchement d’un autre TCA.

Peu importe le TCA, il s’agit probablement d’état parmi les plus souffrants psychologiquement, mais encore tellement méconnus.

Pour quiconque essaie de se rétablir d’un TCA, il n’y a pas de modèle préétabli menant assurément à la « guérison ». En fait, dans le processus, il y aura des chutes et rechutes, beaucoup d’essais-erreurs et viser la perfection ne fera qu’amplifier le sentiment de honte, d’échec, d’être inadéquat et le besoin de contrôle. Tout se doit d’être fait à un rythme respectueux de soi, le plus honnêtement possible avec l’aide de professionnels éduqués sur le sujet, mais surtout, ouverts d’esprit.

Les gens affectés par un TCA, quel qu’il soit, peu importe sa variante, se retrouvent souvent dans un très piteux état, car les TCA affectent non seulement le corps physique, mais aussi la partie psychologique, émotionnelle et spirituelle de l’être.

Quand vivre pour manger ou vivre sans manger prend plus de place que manger pour vivre, le déséquilibre est installé.

Et pourtant, manger n’est-elle pas chose la plus naturelle du monde? Ce par quoi chaque cellule du corps trouve son carburant pour se régénérer et se multiplier?

J’ai dû apprendre l’équilibre. J’ai dû apprendre à considérer mon corps comme le véhicule de mon âme. Si je ne mets que le minimum de carburant dans mon véhicule, il n’avancera qu’à la distance que me permettra ce que je lui donne. Et si je néglige la qualité du carburant ou de « l’huile », est-ce qu’à la longue, je ne risque pas de causer des dommages mécaniques irréversibles?

Pour la majorité des gens, il est difficile d’imaginer à quel point on peut abimer un corps et un esprit avec le contenu de son assiette. Ou le manque de contenu.

Après tant d’années à chercher MON équilibre, qui finalement ne m’a laissé qu’un peu plus en déséquilibre, je me suis un jour retrouvée assise dans le bureau de Jean-Philippe Groulx. Et son approche fut EXACTEMENT ce dont j’avais besoin : un cadre alimentaire (car l’encadrement me sécurise) une alimentation correspondant à mes valeurs à moi, du carburant de qualité pour m’assurer de la bonne marche de mon véhicule à long terme en faisant de la prévention pour les futurs ennuis mécaniques, mais surtout : La paix d’esprit.

Car c’est, au final, ce que cette démarche m’a apporté. Et c’est ce que TOUS ceux et celles aux prises avec un TCA cherchent. Avoir l’esprit en paix. Ne plus se battre avec le contenu de son assiette.

Mon % de masse adipeuse est loin d’être parfaite. Ma masse musculaire est à travailler.

Je ne porte pas la taille de vêtement dont j’ai toujours rêvé.

Mes multiples et sévères allergies alimentaires sont un obstacle quotidien dans la composition ou le choix de mes repas.

Et je sais que je pourrais me regarder dans le miroir avec d’autres yeux, ceux d’il y a pas si longtemps que ça et me dire : « Ark »

Cependant, tant que je me regarde avec mes yeux d’aujourd’hui et que je me donne le sceau T’ES BIN CORRECT MA GRANDE, je sais que je suis dans l’équilibre.

Mon plan alimentaire à la main, j’ai la certitude que mon corps est nourri convenablement, respectueusement,que tous ses besoins nutritionnels sont comblés et que ma tête peu se reposer.

Dans un sens ou dans l’autre, j’ai abdiqué le contrôle.

Et la balance, cet objet inanimé qui pendant longtemps me renvoyait le reflet de ma valeur (faussé par ma perception maladive) dans tout cela? Je laisse ça au professionnel. Lui seul connait mon poids. Même moi je ne le connais pas.

Parce qu’au fond, je n’en ai strictement rien à foutre. Ma valeur ne passera plus jamais par un nombre, mais par les choix que je fais et par mon état d’esprit.

Et pour vous? Par quoi passe l’équilibre dans votre alimentation au quotidien?

Merci de votre lecture et partagez vos commentaires!

Je vous souhaite la paix et l’équilibre.

JEM
Blogueuse invitée

J’aimerais remercier Jean-Philippe de m’avoir proposé de participer à son blogue. C’est le résultat d’une collaboration basée sur un respect et une admiration mutuelle qui dure depuis très longtemps qui se concrétise finalement. Merci de ta persistance et de ton professionnalisme.

Vous souhaitez partager votre expérience ou votre opinion? Je vous invite à le faire sur la page Facebook de Kinesyne.