Rôle du naturopathe

« Mon approche consiste avant tout de vous écouter, afin de concevoir une stratégie alimentaire adaptée à votre situation et à vos objectifs personnels. Je ne vous donnerai pas de solution miracle, ni de diète au sens traditionnel, l’enseignement que j’ai à vous offrir changera profondément votre qualité de vie, de façon naturelle et raisonnée. »

- Jean-Philippe Groulx n.d

La santé et les praticiens de la santé
Hormis un accident – dont pourraient découler diverses douleurs – tout dysfonctionnement se prépare longtemps dans nos différents corps « invisibles » avant de se manifester « visiblement ». Ce sont eux qu’il faut soigner, car ils sont la source du mal comme de sa disparition ou de son atténuation. Hippocrate, le plus grand médecin de l’antiquité, dont l’éthique est à l’origine du serment que prêtent depuis tous ses confrères, a dit : « toutes nos maladies sont la conséquence de nos habitudes de vie. » Ainsi, chaque élément constituant le quotidien d’un être humain est enchaîné à l’autre : l’alimentation, l’exercice physique, mais aussi l’habitat, le travail, la gestion des émotions, le processus de pensée, les croyances et pratiques spirituelles…

On a pu découvrir que le cerveau donnait naissance, selon le besoin, à des substances chimiques destinées à combattre tel ou tel mal. Autrement dit, lorsque le corps physique se bat – et souvent s’épuise – pour contrer un dysfonctionnement, le cerveau pallie ses insuffisances en sécrétant ces substances.

Hormis le corps physique – l’enveloppe –, l’être humain est constitué d’un corps émotionnel – le « cur » ou corps astral –, d’un corps mental – intellect et capacité intuitive – et d’un corps spirituel – l’âme, le guide intérieur, le moi supérieur.

La santé n’est pas seulement l’absence de maladie, mais plutôt un état d’équilibre entre nos quatre corps.

Si l’on considère la maladie comme une incapacité de l’organisme à s’adapter à une situation qui le dépasse, l’attitude du thérapeute et du malade dépendra du sens que l’on donne à cette «démission des défenses naturelles ». Pour la Naturopathie, si les défenses de l’organisme ne fonctionnent plus, c’est qu’elles ont été amoindries par le non-respect des règles de vie qui sont censées les entretenir (alimentation saine, hygiène vitale, etc.) Ce concept ne constitue en aucun cas un rejet de la médecine traditionnelle, mais permet au patient d’apprendre un principe fondamental : la santé est une notion globale; il faut l’envisager à ce niveau et se soigner en conséquence.

Par sa volonté, son comportement, son hygiène de vie, son état d’esprit, on contribue largement au bon fonctionnement de son outil corporel. Comme l’a dit le Docteur Schweitzer : « le vrai médecin est le médecin intérieur ». La plupart des médecins passent à côté de ce concept qui pourtant fonctionne si bien. À nous de piloter au mieux de nos possibilités non pas notre corps, mais nos corps physique, émotionnel, mental et spirituel.

Tout déséquilibre va altérer le fonctionnement d’un ou plusieurs de ces corps : un déséquilibre alimentaire, par exemple, indique une pollution du corps physique ; cette altération interviendra au niveau du corps émotionnel en raison d’émotions ou de pulsions refoulées, non exprimées ou non résolues ; de même pour le corps mental qui souffrira d’images et de pensées négatives ; de même enfin pour le corps spirituel qui se désolidarisera des forces suprêmes de l’Univers, ou de Dieu. Pour chacun de ces quatre corps, on fait appel à une thérapie adaptée: la médecine conventionnelle pour le premier; la psychiatrie et ses dérivés pour le mental et l’émotionnel ; enfin, la religion, les sciences occultes ou le recours à un gourou ou maître spirituel pour soigner ou aider le corps spirituel.

Nos différents corps se défendent naturellement face à ces « attaques » négatives. Le corps physique le fait par le biais de ses défenses immunitaires, le corps émotionnel et le corps mental en font autant en utilisant des techniques de concentration psychique (yoga, sophrologie…) susceptibles d’éliminer leurs « toxines mentales ». Le corps spirituel s’en remet pour sa part à son « médecin intérieur ».

Enfin, la conscience de chacun de nos corps peut se trouver neutralisée respectivement par des drogues, des peurs ou phobies non maîtrisées, des croyances, et, dans le cas du corps spirituel par une occlusion, soit une fermeture totale de l’esprit à l’égard du reste de l’Univers.

Le rôle de la conscience
Schématiquement, la conscience est la perception effective que nous avons de ce qui se passe en nous. Or, par manque de réflexion ou d’attention portée à notre être interne, une grande partie de cette conscience demeure inexplorée. C’est cela qu’il faut changer ; on ne peut se défendre qu’au moyen d’armes que l’on maîtrise. Le corps émotionnel abrite les sentiments et les émotions. On peut choisir de les ignorer, ou de les repousser (comme quand on se refuse à pleurer, par exemple), mais un jour, tôt ou tard, cette attitude se paie.

Le corps mental renferme les valeurs que nous défendons, acquises ou innées. Certaines de ces « règles », si nous les suivons sans vraiment réfléchir mais simplement parce qu’on nous les a enseignées ou qu’elles nous sont imposées, peuvent conduire à des impasses et nous empêcher de nous libérer. Ainsi sommes-nous souvent victimes des nombreux interdits inculqués durant l’enfance (le fait de ne pas montrer ses émotions, de prendre sur soi, le sempiternel « il ne faut pas pleurer si on est un homme », etc.), lesquels ont parfois gravement pollué notre être et resurgissent à l’âge adulte sous forme de troubles psychologiques plus ou moins graves. Et chaque fois que, par habitude, on s’interdit d’exprimer ses émotions – cela vaut pour les sentiments de tout ordre –, on alourdit le poids de nos frustrations et on abîme davantage notre outil corporel. Le quatrième état, le corps spirituel, se développe au fil du temps par la réflexion, la méditation, l’élévation graduelle du « moi », la quête intérieure. Ne pas oublier, sur ce chemin, d’accorder à l’intuition toute l’importance qu’elle mérite.

La place du Praticien de la santé dans la médecine d’aujourd’hui
Le Praticien de la santé se propose donc d’enseigner les règles de vie, en responsabilisant le sujet qui est en partie responsable des déficiences de son organisme. Seule la nature sera capable de redresser la situation, à condition qu’on lui en donne les moyens. Cela implique la prise de conscience de notre responsabilité individuelle et collective, l’étude des lois biologiques auxquelles nous sommes soumis. En un mot, de se prendre en charge soi-même. Le « malade acteur » est le premier artisan de sa guérison ou de son maintien en bonne santé.

Dans ce sens, la Naturopathie est la médecine préventive par excellence. Disons tout de suite qu’il n’est pas question de vouloir prouver la supériorité d’un système par rapport à un autre, mais bien plus de démontrer les différences de points de vue, pour permettre à chacun de choisir en ayant un maximum d’informations.

Pour la médecine classique, il s’agit en quelque sorte d’une « déficience de la nature » que les ressources de la science doivent permettre de corriger. Ici, le malade n’est pas responsable, ou très peu. Il subit les imperfections de son organisme. Il en est victime. Seule la science pourra remettre en ordre, grâce à un médicament ou une intervention, la fonction défaillante en se substituant à elle. Le « malade spectateur » est soumis à l’autorité médicale.

Et en ce qui concerne la consultation :

  • « Poser un diagnostic », c’est-à-dire déterminer le plus exactement possible la maladie qui atteint son patient ;
  • Proposer un traitement destiné à combattre cette maladie ;

C’est le schéma classique « consultation – prescription ».

Pour le Praticien de la santé, il s’agira :

  • De faire un bilan de santé, c’est-à-dire, évaluer l’état dans lequel se trouvent les défenses naturelles. En d’autres termes, apprécier la qualité du terrain et l’état des différents organes ;
  • Expliquer au consultant les résultats de cet examen. C’est le premier niveau du travail d’éducation, qui permettra au patient une meilleure connaissance de sa propre « personnalité réactionnelle » ;
  • Proposer l’enseignement de base de la Naturopathie en soulignant l’adaptation individuelle en fonction des problèmes constatés ;
  • Indiquer éventuellement un « traitement de terrain » destiné à aider et à accélérer la remise en ordre des fonctions naturelles.

Nous pouvons l’exprimer ainsi : « Consultation – Éducation – Réforme »

Dans le premier cas, la consultation (en y incluant les éventuels examens de laboratoire, de radiologie, etc.) est suffisante en soi. Le malade n’a plus qu’à suivre le traitement indiqué.

Dans le deuxième cas, la consultation n’est que le point de départ d’un travail d’éducation que le patient devra suivre à travers les différentes activités qui lui sont proposées. Ce point est essentiel.

Après une consultation d’hygiène vitale, le résultat « durable » sera assuré :

  • Par la prise en charge de l’éducation en vue d’une réforme des habitudes de vie qui, seule, pourra modifier les causes véritables des perturbations organiques
  • La prise de conscience que les « traitements naturels » proposés devront êtres considérés comme une aide, permettant d’accélérer la remise en ordre de l’organisme obtenue par la réforme

La Naturopathie, on le voit, ne consiste pas à « prescrire des remèdes naturels ».

Certes, il est important qu’un traitement ne soit pas toxique et ne fasse pas courir au patient plus de risques que sa maladie ! Mais il y a un autre danger, c’est la signification même que l’on donne au « remède », qu’il soit synthétique ou naturel. Dans le schéma déjà évoqué, consultation – prescription, le malade dépend entièrement du médecin, dont le savoir devient synonyme de pouvoir ! Cette dépendance vis-à-vis du pouvoir médical maintient le patient dans une position d’assisté et peut entretenir chez lui des sentiments négatifs de peur et d’angoisse. Or, les travaux modernes de psychologie ont démontré combien cette attitude mentale favorise la maladie. Aussi, lorsque la Naturopathie réussit là où la médecine a échoué (généralement dans les états chroniques et les troubles fonctionnels), il ne faut pas conclure que le Praticien de la santé est plus fort que le médecin. C’est en fait le patient qui est devenu plus fort que la maladie. On peut ainsi dire qu’il s’est « affranchi » de sa maladie, le Praticien de la santé ayant joué le rôle de guide. L’idée n’est d’ailleurs pas nouvelle, puisque Hippocrate déjà écrivait : « C’est d’abord en lui-même que le malade trouve sa première thérapeutique, la plus sage, la plus fidèle, la plus efficace, puisque c’est la thérapeutique qui naît en lui ».

Le principe de la naturopathie
La naturopathie est en conformité avec le principe constructif de la nature parce qu’elle enseigne que la cause première de la faiblesse et de la maladie est la désobéissance aux lois de la nature.

  • Elle stimule l’individu à étudier les lois naturelles
  • Elle fortifie la conscience de responsabilité personnelle de l’individu pour son propre état de santé et pour l’état héréditaire, les traits et les tendances de sa progéniture
  • Elle encourage l’aide par soi-même et l’effort personnel. Elle adopte un milieu et des habitudes de vie conformes aux lois naturelles
  • Elle aide la nature dans ses efforts purificateurs par des moyens simples et naturels et des méthodes de traitement qui ne sont, en aucune façon, nocives pour la santé et la vie, et qui sont à portée de chacun

Les principes de la naturopathie généralement acceptés et reconnus sont :

  • Primum no nocere – En premier lieu, ne faites aucun mal

La maladie est un acte délibéré de l’organisme. La guérison passe souvent par l’expression de symptômes externes qui sont la démonstration de la force vitale tentant de rétablir la santé. Les actions thérapeutiques devraient donc être complémentaires et synergétiques à ce processus de guérison.

  • Vis mediatrix naturae – La nature a des pouvoirs curatifs

Le corps a une capacité innée d’établir, de maintenir et de restaurer la santé. Le processus de guérison est intelligent et ordonné. Le rôle du praticien consiste à faciliter ce processus, à identifier et retirer les obstacles à la santé et au rétablissement, et à établir ou restaurer un environnement sain, à l’intérieur comme à l’extérieur.

  • Tolle causam – Identifier et traiter la cause

La maladie n’apparaît pas sans cause. Les causes sous-jacentes doivent être identifiées et enlevées ou traitées avant que la personne ne puisse se rétablir complètement de son état maladif. Les symptômes sont une expression des efforts de guérison, et non de la cause du malaise. Il en découle que les symptômes ne devraient pas être réprimés. Les causes peuvent apparaître à un ou plusieurs niveaux : physique, mental, émotionnel, ou spirituel.

  • Tolle totum – Traiter la personne en entier

La santé, comme la maladie, affecte l’organisme en entier, qui se compose d’interactions complexes de multiples facteurs. Un fonctionnement harmonieux des composantes physiques, mentales, émotionnelles et spirituelles s’avère essentiel au rétablissement et à la prévention de la maladie.

  • Docere – Le médecin est un éducateur

Il doit exister une coopération étroite entre le praticien et le patient. Le praticien fait office de catalyseur de sains changements, dont la responsabilité finale réside sur le patient. Le praticien encourage et motive le patient à s’assumer et à créer sa santé et son bien-être.

  • La prévention est la meilleure cure

Le but ultime de tout système de santé devrait être la prévention de la maladie. On y arrive avec l’éducation et la promotion de styles de vie qui créent une santé optimale. Bâtir la santé vaut mieux que combattre la maladie.

  • Établir la santé et le bien-être

La nature fait de son mieux à chaque instant afin de maintenir notre santé. Il suffit de ne pas lui résister, ni de lui nuire. Les coûts des systèmes de santé présents augmentent de manière pratiquement indécente, sans fin en vue. Le besoin d’établir la santé et le bien- être de manière naturelle et durable s’exprime donc avec d’autant plus de force et de vigueur qu’il s’avèrera la solution que la plupart des gens opteront de choisir, pour des motifs économiques, de conviction personnelle, ainsi que de conscience sociale et planétaire.

* tiré de la CMDQ www.cmdq.com